La tenue du cinquième colloque de
spiritualité au Theresianum Kinshasa autour du thème :
" Le Carmel face aux défis majeurs de la spiritualité "
DESCRIPTION
DE Le Carmel n’est plus, pour ses membres et
ses familiers, un domaine situé en marge du monde. Il est dans le monde et dans
l’histoire du monde. Cette nouvelle option n’est pas un processus
de dissolution de l’identité du carmel dans les mutations du monde
d’aujourd’hui. Elle est une belle opportunité de prise de conscience de son âme
et de ses obligations et envers lui-même et envers le monde. En d’autres termes, la conscience de l’identité du
Carmel est inséparable de la perception du visage actuel du monde et en
particulier du continent africain. L’Afrique apparaît, au cœur même de sa
crise présente, comme une exigence et une histoire de sa renaissance. Celle-ci
doit, pour être réelle, devenir un remède aux problèmes majeurs du
continent ; la crise de moyens économiques de production et des identités
culturelles, des épidémies, le VIH SIDA, auxquels il faut ajouter les
dictatures politiques et les guerres interethniques, la pauvreté matérielle et
la ruine de la conscience africaine, les perversions morales, culturelles et
spirituelles. Devant ce tableau sombre, il y a place en Afrique pour
l’optimisme au milieu du pessimisme dominant. Face à ces problèmes majeurs, surgissent
des expériences, des écoles, des initiatives spirituelles. Ces mouvements se
veulent des réponses à cette quête d’humanité de l’Afrique. Ils sont
spécifiques et d’inspirations diverses : Christianisme, Religions
Traditionnelles africaines, Islam, etc. Dans ces expériences, la spiritualité
apparaît plurielle et vivante sur le continent. Elle se veut un chemin qui
conduit les hommes et les femmes du continent vers la région intime et infinie,
mais irrépressible, indomptable de leur âme, puisé sans doute à la source la
plus profonde de la dimension spirituelle de l’être humain. Elle est comme un
fleuve dont le courant emporte les Africains vers la frontière de l’indicible,
de l’inconnaissable et de l’inattendu. Cet indicible ainsi dit et nommé n’est
pas dans le Christianisme, un être général, indéterminé. C’est plutôt le
Christ, Maître du monde et Seigneur de l’histoire. C’est lui l’horizon
béatifique de l’existence humaine, la réponse totale et définitive à
l’inquiétude profonde du cœur humain. C’est la conscience de ce mystère qui
institue le Carmel non seulement dans ses expériences chevaleresques de
l’Espagne du XVIème siècle, mais aussi de
ses manifestations de notre temps. Au milieu des mouvements spirituels
contemporains, le Carmel jouit de sa pertinence et de son originalité, comme
l’échos objectif de l’inquiétude dont l’apaisement même provisoire permet dans
le Christ aux humains de mieux habiter leur univers. C’est ici que sa contribution est attendue pour accompagner avec et parmi les autres,
l’histoire de la renaissance africaine par des remèdes efficaces aux maux dont
souffre l’Afrique aujourd’hui. Cette prise de conscience est l’objet d’étude
des colloques successifs organisés par les Pères Carmes Déchaux à Kinshasa. Ce
cinquième colloque international marque un moment d’évaluation et un point pour
un nouveau départ. Le continent en a
tant besoin.